Recruter en CDI, c'est parier sur plusieurs années : l'employeur ne cherche pas seulement quelqu'un qui sait faire, mais quelqu'un qui va durer et progresser chez lui. Votre lettre doit donc dérouler une trajectoire — d'où vous venez, ce que vous savez prouver, pourquoi cette entreprise en est la suite logique. Deux cas concrets.
Objet : Candidature au poste d'assistante commerciale et ADV (réf. [référence])
Madame, Monsieur,
Cinq ans au même poste d'assistante commerciale m'ont appris deux choses : mon métier, et la taille du périmètre qu'il me faut désormais. Votre annonce, qui associe l'administration des ventes à la relation client grands comptes, décrit précisément ce périmètre — c'est pourquoi je quitte un poste où je suis appréciée pour candidater chez vous.
Chez [Employeur actuel], distributeur de fournitures industrielles, je gère un portefeuille de 120 clients B2B : devis, commandes, litiges de livraison, relances de règlement. J'ai pris en main la mise en place de l'EDI avec nos trois plus gros comptes — un chantier de six mois qui a réduit nos erreurs de commande de moitié — et je forme depuis deux ans les nouvelles recrues du service. Ce que je ne trouve plus chez mon employeur actuel, faute de structure : la dimension grands comptes en direct, que votre poste place au centre.
Votre entreprise m'attire aussi pour sa trajectoire : deux ouvertures d'agences en trois ans, une équipe ADV qui grandit. Je cherche un CDI pour m'installer dans cette croissance et y construire — pas simplement pour changer de décor.
En poste actuellement, je suis soumise à un préavis de deux mois, en partie négociable. Je me rends disponible pour un entretien en visio en journée, ou sur site en fin de journée, à votre convenance.
Je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.
[Prénom Nom]
[Téléphone] — [Email]
Objet : Candidature au poste de cariste en CDI — équipe d'après-midi
Madame, Monsieur,
Vous me connaissez déjà : j'ai effectué trois missions d'intérim dans votre entrepôt de [Ville] ces deux dernières années, la dernière de quatre mois au chargement, équipe d'après-midi. Votre offre de cariste en CDI est l'occasion que j'attendais de m'engager durablement dans un site que je connais et où l'on connaît ma façon de travailler.
Quatre ans d'intérim dans la logistique m'ont fait tourner sur tous les postes : réception, préparation, chargement, inventaires. J'y ai gagné mes CACES 1, 3 et 5, tous en cours de validité, et une réputation que vos chefs d'équipe peuvent confirmer — notamment M. [Nom], sous la responsabilité duquel j'ai travaillé l'hiver dernier : zéro accident, zéro retard, et le record de l'équipe sur les chargements de fin de mois.
L'intérim m'a beaucoup appris, mais il m'a aussi montré le coût de l'instabilité : changer de site, c'est réapprendre chaque fois les emplacements, les flux, les habitudes. En CDI chez vous, cet apprentissage est déjà fait — je suis productif dès le premier jour, sur un site dont je connais les allées, le WMS et les consignes de sécurité.
Ma mission actuelle se termine le [date] : je suis disponible dès le lendemain, sans préavis. Je reste joignable à tout moment pour un entretien, y compris avant ma prise de poste du matin.
Cordialement,
[Prénom Nom]
[Téléphone] — [Email]
Dites d'emblée pourquoi vous bougez et pourquoi vers eux. Un candidat en poste qui explique son départ en une phrase positive lève la première question du recruteur avant qu'elle ne se pose.
Deux ou trois réalisations chiffrées et récentes, choisies pour leur correspondance avec l'annonce. Pour un CDI, la profondeur bat l'exhaustivité : un chantier raconté avec son résultat vaut mieux que six missions listées.
Montrez que ce poste s'inscrit dans une suite logique : compétence à approfondir, périmètre à élargir, secteur à rejoindre. L'employeur doit voir où vous serez chez lui dans trois ans — c'est ça, recruter en CDI.
Préavis, disponibilité, mobilité : une ligne factuelle en fin de lettre. La transparence sur ces sujets est un signal de professionnalisme qui vous distingue — beaucoup de candidats les cachent jusqu'à l'offre.
« Je serais heureux d'échanger sur vos enjeux de [sujet] » positionne un dialogue entre professionnels. Les formules suppliantes (« en espérant vivement que… ») affaiblissent tout ce qui précède.
Le flou sur le motif de départ. Ne rien dire de pourquoi vous quittez votre poste laisse le recruteur imaginer — et il imagine rarement en votre faveur. Un motif positif d'une ligne ferme la question.
La critique de l'employeur actuel. Même justifiée, elle prédit ce que vous direz de lui dans trois ans. C'est la règle la plus connue des candidatures, et pourtant la plus enfreinte.
Le zapping non expliqué. Trois postes en quatre ans se rattrapent dans la lettre : montrez la logique du parcours (compétences accumulées, progression) et affirmez votre volonté d'inscription durable — c'est exactement ce que le mot CDI veut dire pour celui qui vous lit.
La lettre interchangeable. Un candidat expérimenté qui envoie une lettre générique signale qu'il arrose le marché. À votre niveau, le recruteur attend une candidature choisie : prouvez le choix.
Pour un CDI, les recruteurs reçoivent des centaines de dossiers et les filtrent par logiciel avant lecture. SprintJob analyse votre CV contre l'offre visée et l'optimise en 60 secondes.
Analyser mon CV maintenantOui, en une ligne factuelle en fin de lettre : « disponible sous préavis de deux mois, négociable ». La transparence évite une mauvaise surprise en fin de processus.
En attachant la stabilité à un projet : « m'installer dans la durée pour porter des sujets de fond ». L'employeur veut quelqu'un qui reste pour construire, pas pour se poser.
Un motif tourné vers l'avenir, en une ligne : périmètre plus large, secteur visé, compétence à développer. Jamais de conflit ni de critique — le détail se garde pour l'entretien.
Le formalisme dépend du secteur, pas du contrat. Ce qui change : l'horizon. L'employeur évalue une collaboration de plusieurs années — parlez trajectoire, pas seulement mission.